Les p'tites pépés sont des fanatiques,
Se planquent derrière des cris histériques,
Excitées, sur scène, par ses mimiques,
Lorsqu'il mime l'amour physique,
Ou qu'il embrasse
Son micro, sa guitarre basse,
Qu'il glisse autour de son cou
Le fil du micro long et mou,
Qu'il s'étrangle et se frolle
Aux doux affres du Rock' n Roll.
Dans l'agonie des hauts-parleurs qui crachent, beuglent et font écho,
Dans leur tête comme un boomerang, résonne le Bang Bang qui leur colle à la peau.
Couvertent de sueur,
Rouge de honte est la chair
des poulettes en chaleur.
Ces lolitas
N'poussent que des Oh! Ah! Ah!
Rêvent de face à face
Des corps à corps
De bouche à bouche.
Elles font la queue, se couchent par terre,
N'boivent que du champ', se donnent du caractère,
Et s'enfoncent d'un air farouche,
Deux ou trois doigts dans la bouche,
Pour exhorter le héros
Recracher idées sales, fantasmes et sanglots.
Esclaves de passions,
De noires intentions,
Encore faut-il avoir l'estomac solide,
Quand le coeur est vide!